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E.A.S. Tome I : L'infâme Toléco

Ajouté le vendredi 12 février 2016 à 12h17


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Chapitre 6 : Sous le choc

Lorsqu'il reprit conscience, ses tempes battaient à tout rompre. Il ne pouvait se concentrer tant la douleur était effroyable. Que s'était-il passé ? Dans sa mémoire, il s'était effondré à la vue d'une petite fille. Impossible, cette fillette avait forcément quelque chose…

Il tenta de bouger ses membres mais ils étaient tellement engourdis qu'il put à peine les deviner, ses paupières lourdes l’empêchèrent d'appréhender les environs. Il lui semblât qu'il était assis sur une chaise froide comme du métal. Des voix se firent entendre au loin. Un homme et deux femmes. Mais le brouhaha constant dans sa tête ne lui permit pas d'écouter leur conversation.

Lorsqu'il entrouvrit une paupière, il fut ébloui par la lumière d'une pièce rectangulaire, dont la seule issue était une porte blindée. Il vit ses bras fermement attachés aux accoudoirs d'un fauteuil d'acier par des chaînes sur ses poignets, diaboliquement serrées. Il en était de même pour ses chevilles ainsi que pour son cou.

- Bien dormi, j'espère ?

Il crut halluciner quand il vit qui était en train de lui parler. L'Alter Kal, en personne. Pourtant il était mort, il le savait. C'était impossible.

- Tu dois me prendre pour cet imbécile de Kal. Mais moi c'est Den. Et oui, nous sommes des humains meilleurs, mais identiques jusqu'au moindre cheveu. Sauf que moi, je suis vivant.

L'homme qui se tenait devant lui était brun, avec une barbe de quelques jours. Il était vêtu d'une tenue d'infiltration moulante bleue, comme celle que portaient Le Pater et l'Alter Kal.

La rage au ventre, KNW tenta de se débattre, mais les cercles de métal qui l'entravaient ne firent que lui scier davantage ses poignets. Il bafouilla des paroles incompréhensibles et un filet de sang s'échappa de sa bouche.

- Tu es mal en point, mon ami. Remercie Ai, la fillette de huit ans. C'est elle seule qui t'a mis dans cet état.

Un petit rire se fit entendre dans un coin de la pièce. Revenant peu à peu à lui, KNW regarda dans cette direction autant que son entrave au cou le lui permit.

- Je me nomme Ai. Je suis une spécialiste des pouvoirs psychiques. Je suis une membre précoce des Hadnacks.
- Pouvoirs… psychiques… répéta-t-il lentement. Mais… c'est…
- Impossible ? coupa Helena qui s'invita à la conversation. Notre unité comporte les meilleurs.
- Quel est votre objectif … ? tenta KNW qui retrouva peu à peu l'usage de sa voix.
- Je crois qu'il y a erreur, lança Den en ricanant. En effet, ici c'est nous qui posons les questions.

Le brouillard dans le cerveau de l'agent commençait à se dissiper. Il réalisa alors sa très mauvaise posture. Trois membres des Hadnacks le retenaient en otage, il ne pourrait jamais s'en sortir vivant seul. Son unique espoir résidait en VJL, mais que faisait-il ?

La porte s'ouvrit. Il pria de toutes ses forces pour voir apparaître VJL mais la seule personne qui se présenta fut Meric. Le cauchemar n'était pas terminé. Il remarqua qu'il portait un bandeau à l’œil gauche, avait-il eu une blessure récente suite à leur combat contre l'Eagle ?

- Je suis là, Patron. On peut commencer la cérémonie.
- Très bien, all… commença Den.

Soudain, comme un appel du destin, sa radio vibra. Il décrocha prestement.

- Oui ?
- Patron ? Ici Enguerrane. Je suis dans la zone nord avec la cible en vert. Mais je suis en difficulté. Je demande de l'aide !

Sa voix semblait couvrir un vacarme assourdissant, VJL était occupé, lui aussi. Et à en juger par l'appel, sa situation n'allait pas s'arranger…

- Ici l'Alter Den. On tient l'agent en bleu. Je suis avec Meric, Ai et Helena. Je viens avec les filles, ça te va ?
- Merci Patron. Je vous attends !
- Très bien. Meric, toi tu t'occupes du prisonnier.
- Bien Patron, répondit ce dernier avec un sourire sadique.

Puis le trio se dirigea vers la sortie et claqua la porte. Seuls restèrent KNW et Meric, se fixant. Ce dernier prit une chaise et s'assit confortablement devant son prisonnier.

- Bon. Par quoi va-t-on commencer ? demanda-t-il d'une lenteur stressante. Je veux tout savoir sur toi et sur ton acolyte, ainsi que sur tous les gens qui sont au courant de votre infiltration ici.
- C'est James Yourte qui nous a… C'est TOI qui nous as envoyés ici ! rectifia-t-il. Tu sais absolument tout.
- C'est vrai. Je sais que vous êtes KNW et VJL, agents entraînés par Le Pater, fondateur des Masters. Mais aujourd'hui, le vieux et son unité ne sont plus.
- Tu as raison, répliqua KNW, mais nous sommes encore ici.
- Tu parles ! ricana l'autre. Je ne me suis pas fait chier à imiter ton colonel pour rien. C'est nous qui t'avons attiré ici.
- Dans quel but ? demanda KNW en toussant.
- Je vais plutôt continuer avec mes questions… dit-il en posant une jambe sur son autre genou. Il reste des survivants des Masters, n'est-ce pas ?

KNW resta silencieux. Oui, il restait quelques survivants des Masters, mais ils avaient disparu ou étaient trop occupés pour être localisés. Officiellement, ils étaient seuls avec James Yourte et cette Jessie Meiyun.

Meric se leva, sortant l'agent de ses pensées. Il écrasa ses mains sur les genoux de son ennemi et approcha son visage à deux centimètres du sien.

- En reste-t-il, oui ou non ?

Il avait détaché chacune de ses syllabes et son regard affichait un air plus menaçant que jamais. L'agent tremblait, il serait tombé si les chaînes ne l'avaient pas retenu.

- Peut-être, je ne sais pas… répondit-il en murmurant difficilement.
- Mauvaise réponse, lâcha-t-il avant de faire demi-tour pour se diriger vers un terminal situé dans un coin de la pièce.

S'il restait des soldats dans les Masters, il ne les connaissait pas ou demeuraient injoignables. Il y avait aussi un déserteur, que KNW n'était pas prêt d'oublier…

Mais une fulgurante douleur vint lui traverser le corps de la tête aux pieds. Ses yeux injectés de sang gonflèrent et sa vision devint trouble. Ses poignets, ses chevilles et son cou recevaient une impressionnante décharge électrique. Chaque seconde lui paraissait durer des heures, et les cris qu'il poussa résonnèrent en vain dans les quatre coins de la pièce. Sa tête gigotait comme si elle voulait partir le plus loin possible de cet endroit de torture, ses lunettes chutèrent sur le sol en ricochant sur ses cuisses.

Le laissant au bord de l'agonie, Meric stoppa les chocs électriques et laissa KNW reprendre son souffle.

- Je te laisse quelques secondes pour me répondre, lança-t-il en revenant vers lui. Mais si tu ne parles toujours pas, tu subiras éternellement cette souffrance.

Il n'y tenait pas vraiment, mais dire la vérité était impossible, il ne la connaissait pas. Lui aussi aurait bien aimé savoir où étaient partis les survivants, car un allié de plus n'aurait pas été de trop.

- MAIS JE NE SAIS PAS ! vomit-il de toutes ses forces, sachant très bien ce qui l'attendait.

Il se réveilla en sursaut, couché sur le sol, en caleçon. Son cœur battait si fort dans sa poitrine, et sa transpiration était si acide qu'il crut bien qu'il était en train de fondre. Il se releva difficilement en s'accrochant à un lit et ramassa ses lunettes en se demandant pourquoi elles étaient là. Lorsqu'il s'assit, il profita de ce moment seul pour faire le point.

Pièce éclairée mais fermée. Quelques casiers sur le mur du fond adjacent à la porte, et une baie vitrée donnant sur un couloir de l'autre côté, avec un garde qui faisait les cent pas, sans doute le type chargé de le surveiller.

Il s'aperçut que sa radio avait été déposée sur un chevet à côté de ses lunettes. Pourquoi ? Quel intérêt y trouvaient-il ? Il décida d'y réfléchir plus tard et espéra un peu de réconfort.

- VJL ? bégaya-t-il difficilement.
- KNW, enfin ! fit une voix soulagée de l'autre côté. Comment tu vas ?
- J'ai mal partout… dit-il en s'allongeant sur le lit pour soulager légèrement sa douleur.
- Mais que s'est-il passé ? lança VJL, visiblement très inquiet.
- J'ai été torturé…
- Quoi ?
- Par Meric et le reste des Hadnacks… Et là je suis en cellule.
- Est-ce que tu reconnais quelque chose ?

Il se redressa et observa par-delà la baie vitrée.

- Non, je suis sans doute dans la base de Terona mais je n'en suis pas sûr…
- Ça fait une plombe que je te cherche, y a plusieurs étages ici, ce n'est pas facile !
- Si ça peut t'aider, je suis dans une prison avec une baie vitrée et une série de casiers.
- Hum… Je vais faire de mon mieux, mais c'est pas évident...
- Je sais bien mais si tu ne me sors pas d'ici, ils recommenceront… Et je ne suis pas sûr de tenir, cette fois-ci !
- Courage KNW, je crois que j'ai pigé où ils te retenaient… J'arrive !
- Merci… soupira-t-il soulagé.

Il raccrocha et reposa sa radio sur le chevet. Puis il jeta un œil discret et vit que le garde ne l'observait pas en continu. Profitant d'un moment d'absence, il décida d'ouvrir un casier au hasard et y dénicha un cadavre. C'était un soldat d'Andria criblé de balles. Le sang sur sa combinaison était sec et l'odeur qui s'en dégageait insoutenable. Il tenta d'autres casiers mais ne tomba que sur des cas similaires.

Il eut alors une idée, revêtir l'une des combinaisons pour tenter de tromper le garde, même s'il avait peu d'espoir et qu'il devait pour cela supporter cette épouvantable odeur de chair putréfiée, c'était peut-être sa seule chance. Il rangea les corps dans les casiers, puis déposa celui nu sous le lit. A son tour, il s'enferma dans le dernier casier puis toqua à la porte.

Le garde chargé de le surveiller se retourna et constata la pièce vide. Il ouvrit la porte avec son passe et braqua son arme dans toutes les directions. Où était passé le prisonnier ? Les bruits recommencèrent, il se dirigea vers le casier et l'ouvrit.

- Aide-moi… Je t'en prie…

Le garde fut surpris, un de ses anciens collègues d'Andria était là, devant lui. Il n'eut pas le temps de réfléchir que KNW se rua sur lui pour l'étrangler. Il avait ferré le piège mais trop tard. Le garde se défendit en tirant dans tous les sens, dégommant au passage quelques casiers, laissant leurs corps à même le sol.

- Fils de… vociféra le garde à la recherche d'oxygène.

Mais KNW ne lâcha pas prise, il savait qu'il jouait sa vie. Il se rappela soudain sa volonté de ne jamais tuer, que toute vie est sacrée, et desserra son étreinte. Le garde surpris profita de cet instant pour riposter et braqua son arme vers le prisonnier tout en reculant vers la porte. Ce dernier regretta amèrement cet accès de bonté, et tomba à plat ventre, fixant le garde dont on devinait l'expression de victoire sous son masque.

Au moment où il franchit la porte à reculons, un canon d'arme de poing se posa sur sa tempe gauche. Il s'immobilisa et n'eut pas le temps de comprendre qui le tenait en respect, le coup partit et le corps s'effondra sur le côté. VJL se montra ensuite dans l'embrasure de la porte.

- V… commença à se réjouir KNW, avant de voir un canon braqué vers lui. NON ! VJL… C'est moi !

VJL eut un doute et lui ôta le masque puant la mort.

- KNW ? Mais qu'est-ce que tu fous dans cet uniforme ?!

Il eut un mouvement de recul, l'agent bleu fut pris d'un fou rire et se mit à pleurer, à bout de nerfs.

VJL aida son cousin à revêtir l'uniforme du gardien de cellule, sans le masque. Cet habit lui permettrait au moins de ne pas avoir froid.

- Voilà. C'est pas l'idéal mais c'est mieux que l'autre qui fouette, commenta l'agent vert.
- Ouais… Merci… répliqua KNW qui commençait à se remettre de tout ça.
- Tu n'as plus d'armes je suppose ? Tiens, prends mon Berry 12.
- Merci, fit-il en acceptant l'arme.

Ils planquèrent le corps du gardien de cellule dans le casier restant puis décidèrent de sortir, VJL aidant KNW à tenir debout. Ils trouvèrent un vieil entrepôt et se cachèrent parmi les caisses, cela permettrait à l'agent exténué de récupérer.

- Merci pour tout, soupira KNW qui tentait tant bien que mal de reprendre son souffle.
- De rien, t'en aurais fait autant pour moi.
- Oui, évidemment… ajouta-t-il avec un sourire. On fait quoi à présent ?
- Comment ça ? On continue bien sûr !
- VJL… commença l'agent habituellement vêtu de bleu. J'ai failli y passer… Tu as vu à qui on a affaire ? Il y a dans leurs rangs une petite fille aux pouvoirs psychiques. Tout ça est dément, et on n'est pas de taille !
- Je te crois KNW, mais là n'est pas le problème… Il n'y a plus personne à part nous ! Il faut bien que quelqu'un les empêche de balancer cette ogive !
- Mais on n'est même pas sûrs que…
- Tu as vu leur mécha comme moi ? Tu sais que ces gens ont des chars d'assaut, des avions de chasse… Et toute cette infanterie n'est pas là pour jouer aux quilles !

KNW ne répondit rien et se contenta de s'adosser contre une caisse. Il le savait bien, au fond, que quelqu'un devait agir. Mais leurs aînés étant tous morts, c'était à eux que revenait ce fardeau. Oui mais… Étaient-ils vraiment de taille ? Eux deux, sans grande expérience…

Il fut tiré de ses pensées par un bruit de radio, les deux vibraient en affichant la même fréquence : Jessie Meiyun les appelait. Ils se regardèrent puis répondirent.

- Oui ? demanda KNW.
- KNW et VJL ? Ici Jessie Meiyun.

Un silence. Que voulait-elle ? Était-elle de mèche avec Meric ou bien n'avait-elle rien à voir avec les Hadnacks ?

- KNW ? VJL ? Répondez !
- Ici VJL. Que se passe-t-il ?
- C'est à moi de vous demander ça ! Pourquoi n'avez-vous pas appelé depuis tout ce temps ? Il est six heures du matin, l'aube va bientôt se lever !

KNW prit conscience du temps passé enfermé, plus de six heures de souffrance… VJL avait dû errer durant de longues heures dans les couloirs. Et Jin ? Où était Jin ?

- Jessie… reprit VJL. Tu n'es pas au courant ? Le colonel…
- Et bien quoi ? fit cette dernière. Je n'ai plus de nouvelles et…
- C'est Meric, un membre de Hadnack.

Elle resta silencieuse, elle semblait sous le choc.

- Vous êtes sûrs ?
- Oh que oui, affirma KNW. Meric me l'a dit en personne.
- C'est incroyable…
- Tu ne savais vraiment rien ? interrogea VJL qui restait méfiant.
- Je vous jure que je l'ignorais. Faites-moi confiance, je peux vous aider.
- Que comptes-tu faire ?
- Je ne suis pas un soldat, mais je possède les données satellites de l'île. Je pourrais vous donner des informations par radio. Je peux par exemple vous indiquer où trouver des armes ou des munitions, et grâce à la balise GPS de votre radio je peux vous localiser. Mais je ne verrai pas les soldats ennemis !
- Merci Jessie, fit VJL, ça pourra forcément nous être fort utile…
- Mais du coup, ajouta KNW. Notre mission est toujours de nous infiltrer pour collecter des informations ?
- Plus ou moins. Disons que sans le colonel je deviens votre supérieure. Mais la situation semble nécessiter du soutien. Je recommande votre retrait.

KNW se sentit soulagé, cette situation lui devenait impossible.

- Très bien, approuva VJL. Envoyez-nous un hélicoptère d'évacuation d'urgence. Mais je ne veux pas abandonner cette mission, je préférerais plutôt des renforts !
- Nous n'en avons pas. James Yourte était le dernier commandant et soldat des Masters. Maintenant nous ne savons pas du tout où il se trouve.
- Mais vous avez bien des soldats, intervint KNW. Une armée de soutien… C'est réellement impossible ?
- Vous connaissez les gouvernements… Le temps de formuler une requête et que l'un d'eux accepte de prendre part à un conflit qui n'existe pas encore, ça va prendre plusieurs semaines.

Il y eut un silence lourd pour le moral. Ils avaient découvert quelque chose, ils savaient qu'une attaque se tramait. Le mécha n'avait pas été assemblé pour rien… Mais ils n'avaient plus de soutien à cause de l'inexistence avérée du colonel. Et Toléco ? Que faisait-il avec cet Hector ? Quels étaient leurs projets ? Ils étaient coincés tous les trois, devant une crise prête à tout exploser sur son passage.

- Merci de ton soutien, Jessie, compléta VJL. On va tout faire pour rester en vie.
- Vous restez ?
- Oui. On ne va pas s'en aller s'il ne reste que nous. Ce n'est pas ce que le Pater nous a appris !
- Tu as raison VJL. Je ne dois pas me laisser abattre, nous devons continuer !

VJL eut un sourire. Eux deux motivés, ils feraient de leur mieux et n'auraient rien à regretter.
La radio sonna.pour annoncer un double appel, mais la fréquence était parfaitement inconnue. Elle ne correspondant cependant pas à celle de Ai qui avait piégé KNW. Ils remercièrent une nouvelle fois Jessie puis prirent l'appel.

- Si je vous dis « Jin », vous me répondez quoi ?
- Jin ? demanda KNW… C'est…
- KNW ! C'est toi ? C'est vraiment bien toi ?

Ils avaient reconnu la voix de Jin à la radio. Et à en croire son cri de joie, c'était réciproque.

- Comment as-tu eu notre fréquence ? demanda VJL.
- Je les ai testées une par une. Mais cette radio ne porte que sur les alentours. Alors à part quelques soldats je ne suis tombé sur personne…

Il chuchotait et sa voix paraissait angoissée.

- Jin, où es-tu ? demanda KNW.
- Je suis avec le ninja, et je connais sa véritable identité.
- Quoi ? Qui est-ce ?
- Je… Il s'agit en vérité de…
- Chut, ils arrivent ! fit la voix hachée du ninja dans l'appareil, qui prouvait que Jin ne mentait pas.

Des bruits de pas et de respirations saccadées. Ils se mirent à courir mais à en juger par les bruits de fond, ils étaient poursuivis. Des coups de feu furent tirés aléatoirement, et les bruits s’accélérèrent. Un dernier plus fort que les autres mit fin à la conversation. L'autre radio avait dû être détruite…

- Ma radio ! lança Jin en laissant tomber l'engin à terre.
- Il y a plus urgent, trancha le ninja. On est dans un cul de sac !

En effet, ils étaient piégés sur un flan de falaise. Derrière eux la mer se jetait férocement sur des récifs en forme de pics à une bonne dizaine de mètres de hauteur. La luminosité commençait à revenir, grâce au lever de soleil qui s'opérait en direction du large, plein est.

Hector et Toléco les tenaient. Ce dernier portait un bandage plein de sang séché au bout de son moignon et paraissait affaibli. L'autre visait les deux hommes acculés avec son Sand 3, un pistolet-mitrailleur de haute précision.

- Vous allez tous les deux mourir ici. Toi le ninja, tu m'as pris mon bras, je te prendrai la vie. Et toi… Tu vas payer pour t'être enfui d'Andria ! hurla un Toléco avide de vengeance.

Hector tira une rafale aux pieds des prisonniers qui reculèrent légèrement. Quelques pierres chutèrent dans le précipice qui était désormais à quelques centimètres seulement de leurs pieds.

Le ninja n'eut d'autre choix. Pour éviter leur mort à tous les deux, il devait agir. Il redevint invisible puis sauta sur Toléco, sabre en avant. Ce dernier esquiva et son allié lança des rafales dans toutes les directions, décrochant un fragment de terre qui fit tituber Jin qui usa d'un réflexe de survie pour se raccrocher mais… Il n'avait pas encore conscience que sa main gauche n'était plus et tomba dans le vide.

- Non ! vociféra le ninja.

Il poussa Toléco à terre et se rua dessus dans un accès de rage, puis redevint visible, Hector le braqua aussitôt. La visière de son casque se brisa dans la manœuvre, révélant à son ennemi son vrai visage.

- Toi ! Mais tu es mort ! cracha-t-il, surpris.
- Non, je suis bel et bien revenu pour vous détruire…

L'homme au chapka vida son chargeur sur l'ennemi mais ce dernier disparut aussitôt, ne laissant aucune trace. Il aida Toléco à se relever et se dirigèrent vers le ravin, pour constater le corps meurtri du dernier soldat d'Andria.

- Ma fille est en bas, elle peut confirmer le décès, suggéra Hector tout bas à son allié. Melinda !
- Oui ? lança une voix féminine venant des récifs.

Melinda était une femme blonde armée jusqu'aux dents. Deux Galvan 17 à sa ceinture, un couteau sur survie sur sa cheville et un Motor 6 en bandoulière. Elle était vêtue d'un jean kaki et d'un débardeur jaune foncé, et arborait une coupe de cheveux très courts, presque rasés.

- Est-ce que le gars qui est tombé à tes côtés est mort ?

Elle s'approcha du corps de Jin en traversant les pics avec une agilité impressionnante et constata qu'il s'était empalé sur un rocher dressé comme un pic d'où un flot de sang s'écoulait. Mais à sa surprise, l'homme était toujours en vie quand elle le toucha. Il tenta de bouger et de parler mais ne réussit qu'à cracher ses tripes.

- Oui père, il est en vie.
- Alors tue-le, ordonna Toléco.

Le soleil commençait à monter et avait quasiment dépassé le niveau de la mer, éclairant toute l'île de sa lumière matinale. La mer était calme, seuls quelques cygnes et quelques mouettes barbotaient autour. Et dans cette ambiance presque poétique, une détonation fit s'envoler ces oiseaux tels une nuée migrant vers d'autres horizons.

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