Leunam
Vendredi 19 octobre 2018 à 16h11 Création de sites Web sur demande
Développement de jeux vidéos indépendants
Ecriture de fictions originales

Bonjour ! Je viens de remarquer que vous utilisiez un bloqueur de pubs. Je comprends très bien vos réticences car moi-même je déteste les pop-ups intrusives, mais je vous assure que notre publicité sait se faire discrète et ne contient aucune animation flash ou élément sonore. Son unique but est à long terme d'aider Batsolor dans ses projets, car il travaille d'arrache-pied à développer des sites Web et des jeux vidéos, on encore à écrire bénévolement. Vous faites comme vous voulez, mais comprenez bien que la publicité est ce qui permet à ce site de survivre...

E.A.S. Tome I : L'infâme Toléco

Ajouté le vendredi 26 février 2016 à 11h01


<<< Chapitre précédent << Sommaire >> Chapitre suivant >>>

Chapitre 8 : L'autre menace

Une femme marchait, le visage martelé de profondes cicatrices, lui donnant l'air d'avoir soixante-dix ans alors qu'elle n'en avait à peine quarante. Elle était chauve, grande et portait un très long manteau vert de l'armée avec de très larges épaulettes. Son impressionnante carrure était renforcée par ses immenses bottes marron. Elle paraissait avoir la trempe de ceux qui ont beaucoup vécu et trop perdu. Tout en elle semblait démesuré.

La femme allait et venait, faisant les cents pas dans un couloir de ce qui semblait être une usine, comme une centrale électrique. L'endroit était jonché de câbles et de tuyaux partout sur les murs au niveau du plafond. Le sol recouvert de marbre amplifiait chacun des lourds pas de la femme.

Elle avait l'air inquiète ou plutôt nerveuse, comme l'était sa nature. Elle s'arrêta et regarda un téléphone posé contre un mur. Un ancien téléphone avec un combiné relié par un câble entortillé. Elle reprit sa marche en voyant que celui-ci ne sonnait pas.

Il finit tout de même par émettre sa classique sonnerie, faisant sursauter la femme qui s'y dirigea de ses lourds pas.

- Allô ? fit-elle d'une voix grave, sèche et sans aucune émotion.
- Colonelle ? fit une voix à l'appareil. Ici Hector Lizardon. Nous sommes bientôt arrivés en Lunavie. Nous sommes prêts à vous remettre le colis.
- Parfait. Qui est avec vous ?
- Ma fille Melinda. Ainsi que notre nouvel associé, Toléco.
- Très bien, Hector. Je vous attends avec la plus grande impatience.

Elle raccrocha violemment puis repartit en exprimant un puissant rire grave et en faisant claquer ses lourdes bottes contre le sol.

Le soleil était déjà bien haut dans le ciel de l'Océan Kanovien lorsque VJL s'assit sur une branche en mangeant un fruit qu'il avait déniché sur un arbre. Il réfléchit. Cela faisait plusieurs heures qu'il avait échoué ici, sur cette île abandonnée.

Sa radio n'avait pas survécu au naufrage du navire d'approvisionnement et il était donc impossible de demander du soutien. Il était seul et coupé de tout. Impossible de contacter Jessie ou même ce ninja. Mais surtout, il s'inquiétait pour son cousin KNW. Où était-il ? Avait-il survécu ? De tous les passagers il était le seul à avoir atterri ici.

Il avait bien sûr envisagé de s'enfuir mais construire un moyen de transport maritime fiable demandait de la dextérité. Il avait commencé à rassembler quelques rondins de bois dans la forêt mais n'avait rien déniché de réellement fiable. Affronter la mer avec ça, c'était du suicide pur et simple.

Il décida de ne pas perdre de temps et retourna dans la forêt à la recherche d'autres rondins de bois lorsqu'il marcha sur un morceau de tissu violet. Il le ramassa et l'examina, un doute affreux en lui.

- Il ressemble au bandana que possédait l'Alter Kal… C'est impossible…

Il le fixa attentivement, puis sans parvenir à tirer de conclusions, le mit sur son front. Au moment où il finit de poser le nœud, il entendit un grincement venant de derrière un arbre, non loin de sa position.

- Qui est là ? fit-il en ramassant son Galvan 17 qu'il avait posé sur une souche d'arbre.

Personne ne répondit mais il vit une ombre détaler dans la forêt. Sans hésitation, il se mit à courir pour tenter de la rattraper. Il s'agissait peut-être d'un indigène ou d'un autochtone qui pourrait lui apporter sa précieuse aide…

KNW était en train de courir de toutes ses forces en pleine forêt brumeuse. La Lune éclairait faiblement l'endroit et l'ombre qu'elle donnait sur la végétation rendit un décor terrifiant. Une flèche lui siffla à l'oreille droite et il faillit perdre l'équilibre.

Il continua de courir ainsi pendant une bonne centaine de mètres, complètement lessivé, jusqu'à ce que son corps croule sous le poids de la terre et tombe dans une crevasse. L'être qui le poursuivit le regardait depuis les hauteurs.

- Alors, tu te crois malin ? Prépare-toi à vivre ta dernière heure !

Il voulut se relever mais le fond de la crevasse céda à son tour et KNW tomba, tomba… à n'en plus finir, hurlant de désespoir.

Il se réveilla, brusquement, complètement paralysé. Il ne sut jamais combien de temps il resta là, sans bouger, fixant le plafond sans décrocher son regard. Lorsque ses membres lui revinrent, il put se redresser et constater un effet de déjà vu. Il était enfermé entre quatre murs, dont un entièrement constitué de barreaux, dans un endroit faiblement éclairé. Où était-il ? Sa mémoire lui jouait des tours…

il se leva péniblement et se dirigea vers la porte de sa cellule, toute à gauche du mur de barreaux. Il y vit un couloir et devina plusieurs cellules identiques adjacentes à gauche et à droite.

- Colonelle ! Votre prisonnier s'est réveillé ! lança un garde à sa radio, au bout du couloir.

Il était vêtu d'un vert clair tacheté de foncé des épaules jusqu'aux chevilles, ainsi que de chaussures noires et d'une cagoule d'un vert semblable aux taches. KNW se tourna dans sa direction et constata l'uniforme. Cela n'avait rien à voir avec ceux portés au Kanovia. Mais où était-il, bon sang ?

Sa mémoire lui revint par morceaux… Le navire d'approvisionnement, l'attaque de Den, le naufrage… Il se souvint d'avoir lâché VJL malgré lui et d'avoir croisé l'Alter Kal. Il avait dû perdre connaissance à ce moment-là. Mais qui avait bien pu l'emmener dans cet endroit ? Cela ressemblait à un entrepôt, ou plutôt à une usine…

Il entendit des pas pesants résonnant sur le sol de marbre derrière l'angle du couloir, avant de voir la silhouette d'une femme difforme, lézardée de cicatrices sur tout le visage.

- Alors ça y est, tu as repris connaissance ? cracha-t-elle de sa voix tranchante.

KNW ne répondit pas et se contenta de la fixer, l'air méfiant. La femme s'approcha pour arriver à la hauteur des barreaux, fixant l'agent de ses yeux perçants, montrant sa domination de part sa carrure et son rang.

- Laisse-nous, adressa-t-elle à l'intention de son subordonné.
- Bien, colonelle, répondit le garde en se retirant.
- Bienvenue en Lunavie, sourit-elle à son prisonnier.
- La Lunavie ? Mais… Où est-ce ? demanda KNW, déconcerté.
- C'est un territoire situé à quelques kilomètres du Kanovia, là où tu étais dernièrement.
- Pourquoi suis-je ici ?
- Pour dire à ces Kanoviens que les Lunaves vont les écraser, grogna-t-elle les dents serrées, le visage empli de haine.
- Mais de quoi parlez-vous ? lâcha-t-il, comme affolé de l'avenir.
- Je suis la grande colonelle Burnash, et un jour l'Alter Den croulera sous mes flammes ardentes.

KNW ne comprit pas immédiatement. S'agissait-il d'un conflit ? D'une grande guerre ? Le Kanovia et la Lunavie devaient préparer quelque chose, et eux s'étaient retrouvés en plein milieu, sur la poudrière. La situation leur échappait de plus en plus, à mesure qu'elle se complexifiait.

- Vous voulez la guerre ? demanda l'agent incrédule. Mais pourquoi ?
- Les hommes artificiels tels que Den ne sont pas meilleurs que les autres. Je vais les réduire à néant pour avoir osé prétendre au pouvoir.
- Quoi ? s'étonna KNW qui ne voyait pas en quoi la personne qu'il avait devant lui était naturelle. Simplement pour ça ? Votre guerre est juste une histoire de… de pouvoir ?

Il eut du mal à croire ses propres mots. La femme aux cicatrices colla sa tête entre deux barreaux, yeux rouges injectés de sang, presque enflammés. Elle serra les dents tellement fort qu'on aurait dit qu'elles allaient se briser en mille morceaux. A l'endroit où ses mains s'étaient posés sur les barreaux de la cellule, ceux-ci devinrent incandescents.

- Quand deux personnes ont des convictions différentes, il arrive parfois qu'elles en viennent aux armes, affirma-t-elle en reculant doucement.

KNW la fixait, s'éloignant encore un peu de cet être qui semblait de plus en plus inhumaine, et certainement folle. Mener une guerre, simplement pour une histoire d'opinions divergentes ? C'était complètement dément.

La femme se saisit de clés dans une de ses poches puis ouvrit la cellule. Elle s'approcha de l'agent qui était désormais collé au mur. D'accord, cette guerre… Mais lui, pourquoi était-il là ? Le voyaient-il comme une menace pour leurs projets ? Après tout, si une guerre se préparait, peut-être y aurait-il du renfort ? Serait-il obligé de choisir un camp, ou pourrait-il encore se battre pour préserver la paix ?

Une révélation lui traversa l'esprit. Alors qu'il baissait les yeux, il regarda ses bras, et son uniforme. Il portait celui d'un des gardes de Terona depuis sa séance de torture avec Meric. C'était donc ça... Il avait été pris pour un soldat du Kanovia.

- Tu as été au Kanovia, mon second Hector Lizardon m'en a informée. Je veux que tu me racontes tout dans les détails. Et si tu le fais bien gentiment, on t'apportera à manger.

A ces mots, l'estomac de KNW se mit à gargouiller. Il n'avait rien mangé depuis le panier-repas de Kal et il commençait à avoir sacrément faim, surtout qu'il n'avait aucune idée du temps écoulé depuis le naufrage.

- Je ne vous raconterai rien ! Je ne suis ni avec le Kanovia, ni avec la Lunavie ! Je porte cet uniforme simplement parce que j'ai perdu le mien !

La colonelle Burnash se posta juste devant son prisonnier. Elle était tellement grande qu'elle le dépassait d'une tête et demie environ. Elle posa sa grosse main sur l'épaule droite de KNW qui eut un frisson. Il se sentit mal à l'aise quand la température à cet endroit grimpa exponentiellement. Il avait la sensation d'avoir eu une brûlure fulgurante à l'épaule, sans raison.

La douleur qui suivit le fit se plier en deux, obligeant l'autre à se baisser. Lorsque son bourreau lâcha prise, KNW était à terre, se tenant l'épaule comme si cette dernière allait tomber d'elle-même.

- Je reviens dans une heure, cracha-t-elle en rebroussant chemin et en refermant la porte derrière elle.

Des bruits de radio répétés tirèrent l'Alter Kal de son sommeil. Il avait la tête lourde et se demanda où il était. On aurait dit un lac souterrain au fond d'une caverne. Il finit par se saisir de sa radio – heureusement qu'il possédait le dernier modèle étanche fabriqué par Linus – et décrocha.

- Allô ? fit-il. Linus, c'est toi ?
- Oui. Tout va bien Kal ? Pourquoi tu as mis si longtemps à me répondre ?
- Comme je le redoutais, le navire a sombré à cause des Hadnacks. J'ai dû être emporté par le courant.
- En tout cas tu es vivant… Et les agents ?
- Aucune idée, je suis seul ici…
- Va explorer les environs, ils y sont peut-être. Moi je vais pirater la balise GPS de leur radio, cela ne devrait pas être trop difficile…
- OK je te fais confiance, Linus. Contacte-moi si tu as du nouveau.
- Pas de problèmes, Kal !

Il raccrocha puis constata qu'il avait perdu son bandana. Il le chercha brièvement aux alentours mais ne trouva rien, il avait dû le perdre dans la mer… Il s'avança alors en direction d'un couloir faiblement éclairé par des roches phosphorescentes et finit par dénicher une salle dallée haute de plafond avec une échelle qu'il emprunta.

En soulevant la plaque circulaire à son sommet, Il remarqua qu'il se trouvait dans une construction en ruines, entourée d'une forêt et se dit qu'il devait avoir atterri dans d'anciennes catacombes d'une île déserte.

- Attends ! Ne t'en va pas, j'ai besoin d'aide !

VJL s'arrêta non loin des ruines, l'ombre qu'il avait remarquée plus tôt s'était volatilisée depuis longtemps et il avait fini par perdre sa trace. Kal l'aperçut et décida de se montrer à lui. S'ils voulaient s'en sortir, il valait mieux coopérer.

- Peux-tu me rendre mon bandana, s'il te plaît ? lança Kal derrière VJL.
- Euh… Kal ? Alter Kal ? C'est bien toi ? répondit ce dernier en se retournant.
- Oui, fit-il en s'approchant de lui et en tendant sa main pour récupérer son bandana..
- Attends mais… Tu n'es pas mort ? insista-t-il, choqué.
- Non, comme tu le vois.
- Mais enfin… Comment est-ce possible… Il y a deux ans…
- J'ai fait semblant pour que le monde tourne sans moi, soupira-t-il. Cela m'a permis de prendre du recul et de vous aider sans éveiller les soupçons de nos ennemis.

VJL avait du mal à en croire ses sens. L'Alter Kal, là, devant lui, sur une île déserte, alors qu'ils avaient failli y passer. Il retira son bandana et le rendit à son propriétaire.

- Je suis aussi le ninja, celui qui vous aide depuis Andria.

Un choc de plus… Mais ça semblait logique. Il voulait faire croire à sa mort et continuer à venir en aide à ses alliés. De plus, s'il voulait échapper aux recherches de Den, il n'avait donc autre choix que d'agir sous une autre identité.

- D'accord… Mais pourquoi maintenant ?
- Tu as l'air bloqué ici, et mon uniforme de ninja a été détruit sur les falaises de Terona.
- Je vois… Tu as une idée pour quitter cet endroit dans ce cas ? J'aimerais partir à la recherche de KNW, s'il est toujours vivant.
- Mon meilleur ami est en train de tenter de le localiser en ce moment même, et je lui fais confiance.
- Très bien, alors trouvons un moyen de sortir d'ici.

Kal acquiesça et noua son bandana sur son front. Les deux protagonistes se mirent ensuite à explorer l'île de fond en comble à la recherche d'un moyen de la quitter.

- Hin hin hin… fit une voix métallique de derrière un arbre, observant les deux personnages.

KNW s'adossa contre le mur opposé aux barreaux, sa brûlure à l'épaule toujours aussi vivace. Il avait regardé et n'avait rien vu d'anormal. Là où Burnash lui avait posé la main, la peau était intacte. Comment était-ce possible ? Quel était encore ce nouveau tour ? Son bras droit était paralysé, et l'heure s'était déjà écoulée à moitié. Il avait analysé les trajectoires du garde, mais il y avait cette fois aucun angle mort. La caméra de surveillance dans le coin supérieur gauche n'arrangea rien à ses espoirs d'évasion.

Le garde s'arrêta devant sa cellule et se saisit de sa radio.

- Allô, major Alonzo ?
- Qu'y a-t-il ? répondit une voix fluette émanant de l'appareil.
- Je viens au rapport, major. Rien à signaler cette fois non plus.
- Très bien. Recontactez-moi dans dix minutes.

C'était la troisième fois que le garde joignit son supérieur pour lui dire strictement la même chose : la situation était normale, le prisonnier était toujours là. Pourtant ce n'était qu'un homme, comme lui. Il devait avoir ses faiblesses et il était sans doute possible de le duper, mais il aurait rapidement donné l'alerte, et seul sans armes dans une base complètement inconnue, on le repêcherait aussitôt. La sécurité ici était beaucoup plus renforcée que sur l'île de Terona.

Il pensa à VJL et se dit que s'il avait eu sa radio à proximité, il aurait pu les informer, lui ou Jessie. Là, il était beaucoup plus loin que la dernière fois, et dans une autre base. La Lunavie… Il n'avait aucune idée d'où se trouvait cette terre. Totalement désarmé, et avec des soldats au taquet, sa seule solution pour s'en sortir était d'attendre, faire confiance à VJL. Et résister à Burnash, quoi qu'il se passe.

<<< Chapitre précédent << Sommaire >> Chapitre suivant >>>


Commenter le chapitre

:

:


Liste des commentaires

Il n'y a pour le moment aucun commentaire au sujet du chapitre.